PROLIFERATION DES MINI STATIONS:LE MINISTRE AKOFFODJI JOUE AVEC LA SANTE DES POPULATIONS
5 juil, 2008 | Par admin | Rubrique : ma corbeilleIdentifiées comme ultime recours, pour mettre un terme au spectacle désolant qu’offre le commerce illégal de l’essence en provenance du grand Nigéria voisin, les mini stations ne sont pas moins dangereuses qu’on puisse le faire croire. Tous les spécialistes avertis n’hésitent plus à prédire d’un énorme scandale géologique et écologique dans la ville de Cotonou et ses environs, si le chef du gouvernement, le Dr Boni YAYI, ne rappelle rapidement à l’ordre son actuel ministre chargé du commerce.
A. KINDE
Tous les arguments sont aujourd’hui bons pour amener le gouvernement du Dr Boni YAYI à mener une lutte, pourtant complexe, contre les vendeurs de l’essence sans plomb venue du Nigéria. Tout le monde en convient, les drames que nous vivons au quotidien à cause de ce commerce, parfois très utile pour les consommateurs toutes tendances confondues, ne sont plus à démontrer. Toutefois, on se demande si la manière dont on veut lutter contre ce commerce n’est pas source de conséquences beaucoup plus dommageables que ce que nous vivons. Tenez, pour empêcher que ce commerce ne devienne un véritable épouvantail pour la nation tout entière certains commerçants ont eu la géniale idée de convaincre les gouvernants à opter pour un appui fiscal à l’installation des mini stations dans nos villes et campagnes.
Dès lors, des initiatives ont été prises pour faciliter les choses afin que ces mini stations viennent mettre fin à la vente du précieux produit aux abords de nos artères.
Des proches du pouvoir ont vite transformé l’initiative en parcours du combattant pour les Béninois qui veulent bien se conformer aux normes souhaitées par le gouvernement. Leur rapacité a pris le pas sur le bons sens et ces personnes ont assez rapidement fait augmenter les coûts de réalisation de ces stations dont le montant a sensiblement varié dans le temps< pour quitter moins de trois millions, retenus au départ, pour se situer actuellement aux alentours de quinze jolis millions de nos francs.
Des responsables du ministère du commerce savent bien que le coût initialement énoncé est aujourd’hui multiplié par cinq mais personne ne veut dénoncer ce dysfonctionnement qui continue d’asphyxier nos concitoyens et surtout ceux qui voulaient déjà opter pour la légalité. Des sources généralement fondées annoncent, d’ailleurs, que certaines grosses firmes installées au Bénin sont entrain de réaliser d’énormes
bénéfices sur le dos de ces braves gens, par d’autres Béninois interposés.
On pollue notre sol à cause de l’argent
Mais le plus invraisemblable vient de ce qu’aucune étude spécifique ne sanctionne les dossiers d’autorisation d’installation de ces mini stations devenues, par malheur, de véritables dangers. Si dans un passé encore récent on étudie sérieusement tout dossier avant d’autoriser l’implantation d’une station d’essence, rien de cela n’est plus d’actualité car il suffit de se procurer un parrain puissant de l’ère du changement et votre autorisation est vite signée. La dramatique conséquence de cette incurie est justement que le sol de Cotonou connaît une pollution accélérée. Quand bien même aucune étude ne serait encore menée pour évaluer l’impact de ce monumental désordre, le risque est permanent et incontestable car mêmes tous les enfants savent que la capitale économique de leur pays est au-dessous du niveau de la mer.
En somme, les mini stations sont en train de polluer très gravement la nappe phréatique sous nos yeux sans qu’aucun responsable du ministère du commerce ne songe à sonner la fin de la course à ce scandale environnemental. Si le ministre AKOFFODJI n’est pas un spécialiste de l’environnement, il n’en demeure pas moins évident qu’il est fils de ce même pays à qui il doit tout. L’histoire retiendra seulement que c’est à son passage à la tête de ce département névralgique que Cotonou a connu la pire pollution depuis la nuit des temps. Le problème est important et pour cela il faut absolument que les membres du gouvernement pousse leur collègue à se pencher sur cet épineux dossier qui risque de revenir comme redoutable thème de campagne dans les «années» à venir. Nous ne sommes plus en campagne et le président de la république a besoin de collaborateurs compétents et non de partisans zélés et qui affichent de la légèreté sur les grands dossiers de la nation.
Affaire à suivre