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Par Hermann Boko (contributeur Le Monde Afrique, Cotonou)

Le Monde.fr Le 21.08.2015 à 12h55

Ces derniers temps, Barthélémy Kassa faisait profil bas. Yeux légèrement enfoncés, visage mafflu avec l’embonpoint qui va avec, il forçait son sourire depuis qu’une commission spéciale du Parlement béninois avait été mise en place, le 10 août, pour étudier la levée de son immunité, demandée par la présidence sous la pression des Pays-Bas, appuyée par le procureur général. L’ancien ministre de l’énergie et de l’eau, élu au Parlement aux législatives d’avril 2015, va désormais pouvoir se montrer plus serein.
Jeudi 20 août en fin de journée, 45 députés sur 83 ont refusé la levée de son immunité après avoir repoussé l’échéance lundi 17 août en n’allant pas s’asseoir dans l’hémicycle. M. Kassa devait être entendu — les Pays-Bas l’exigeaient avant toute reprise de la coopération avec le Bénin — par la Haute Cour de justice (l’instance chargée de juger les personnalités au sommet de l’Etat) pour examiner son éventuelle implication, ainsi que celle de plusieurs fonctionnaires et hommes d’affaires, dans le détournement de 4 millions d’euros d’aide publique néerlandaise au détriment d’un programme d’aménagement hydraulique. Ce pilier du camp présidentiel est soupçonné d’avoir couvert un vaste réseau de fraude au sein de son ministère.
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Durant la période d’incertitude, Barthélémy Kassa, pourtant connu pour s’exhiber devant les caméras de télévision et y chanter les louanges du président Boni Yayi, fuyait les médias. Nos demandes d’entretien étaient restées lettre morte et c’est par hasard que nous l’avions croisé, jeudi 6 août, à l’Assemblée nationale. « Je sais que vous cherchez à me voir. Mais le moment n’est pas propice pour une entrevue », avait-il lâché avant de s’éclipser.
« Une richesse insolente »
Ce n’est un secret pour personne, Barthélémy Kassa est riche et puissant. On lui prête une fortune à dix chiffres, bien que personne n’en connaisse le montant exact. Ce qui est certain, c’est que son influence dépasse la sphère du parti au pouvoir et s’étend à l’opposition. Le vote du Parlement de jeudi en sa faveur a fait le plein des voix du clan présidentiel (41 voix) tout en réussissant à rallier quatre députés de l’opposition, pourtant majoritaire à l’Assemblée.
Victor Topanou, ancien secrétaire général du gouvernement, puis garde des sceaux, a côtoyé M. Kassa au gouvernement entre 2006 et 2010. Il garde le souvenir d’un homme « très exubérant et d’une turbulence excessive. Il avait tendance à afficher une certaine arrogance et une richesse insolente ».
Victor Topanou dit s’être souvent interrogé sur l’origine de la fortune de Barthélémy Kassa, entré au gouvernement en 2008 comme ministre des recherches pétrolières et minières. « Je trouvais suspect qu’un professeur assistant à l’université qui n’a pas d’à-côtés ni un passé d’opérateur économique puisse offrir un amphithéâtre à l’université d’Abomey-Calavi [la plus grande université du Bénin]. Je ne parlerai pas du luxe de ses maisons. Cela fait beaucoup, même pour un ministre du gouvernement dont le salaire mensuel est connu [deux millions de francs CFA, soit 3 000 euros]. »
Barthélémy Kassa vit à Abomey-Calavi, au nord de Cotonou, dans un grand domaine d’où émergent à l’abri des regards indiscrets trois villas de haut standing. Toujours à Cotonou, il posséderait au moins une autre maison et, proche de l’hôtel Azalai, un immeuble. Il aligne une dizaine de voitures, avec une préférence pour les grosses cylindrées, dont une Acura MDX. Mais, ce 6 août, à l’Assemblée nationale, un concessionnaire était venu livrer des véhicules de fonction aux nouveaux élus. Le choix de Barthélémy Kassa s’est porté sur une plus modeste Kia 4 × 4 Sportage.
« Un jour, en conseil des ministres, se souvient Victor Topanou, Barthélémy Kassa lance : “Topanou, c’est le théoricien, mais quand il faut agir, on ne le voit pas!” Comme pour dire qu’il a de l’argent et pas moi. » Pour les proches de M. Kassa, la lecture de Victor Topanou est celle d’un intellectuel aigri. « Kassa fonce tête baissée. Il est courageux et n’a jamais peur », affirme l’un de ses proches collaborateurs au ministère.
Barthélémy Kassa avait été contraint à démissionner de son poste de ministre de l’eau et de l’énergie au Bénin, après des accusations de détournement de 4 millions d’euros d’aide publique néerlandaise au détriment d’un programme d’aménagement hydraulique.
« C’est son côté délinquant », sourit un membre de la CENA chargé de coordonner les élections législatives de 2007. Qui poursuit : « Lors des législatives en 2007, il a tenté de soudoyer les agents de bureau de sa région d’origine, Materi [600 km au nord-ouest de Cotonou], souvent sur un ton badin, afin de tripatouiller les résultats des urnes. »
Laudateur du chef de l’Etat
Outsider élu en 2006, c’est à partir de l’année suivante que le président Thomas Boni Yayi affermit son pouvoir, renforcé par les élections municipales et communales de 2008. « Et pour remercier Barthélémy Kassa pour son activisme pendant ces périodes électorales, estime Victor Topanou, le président lui fait de la place dans son gouvernement, en octobre 2008. »
Barthélémy Kassa commence ainsi, avec le portefeuille des mines et des recherches pétrolières, son ascension au sein du régime. Laudateur invétéré du chef de l’Etat, celui que les médias locaux surnomment « le ministre du ciel et de la terre » s’impose comme un pilier du gouvernement. L’une de ses phrases de l’époque est restée dans les esprits : « Quand Yayi dit d’aller à gauche, on va à gauche ; quand Yayi dit d’aller à droite, on va à droite. Quand Yayi dit : couchez-vous pour que je passe , on se couche. C’est ça la fidélité. »
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Il est sorti du gouvernement après les législatives de 2011, où il réussit, cette fois, à être élu. Mais Barthélémy kassa se voit confier une nouvelle fois le ministère de l’énergie et de l’eau, en plus du département des mines, en 2013. Il y reste jusqu’à sa démission forcée après l’éclatement du scandale du détournement de fonds hollandais, en mai 2015.
Une image de philanthrope
Au sein de ce ministère s’exécutent des projets d’exploration pétrolière, de construction de centrales thermiques, ainsi que le programme pluriannuel d’appui au secteur eau et assainissement (PPEA), financé par les Pays-Bas. C’est dans ce cadre qu’un vaste réseau de prévaricateurs a été mis en place, soustrayant 4 millions d’euros aux 66 du programme. L’audit du cabinet Kroll, mandaté après l’éclatement du scandale, note qu’« aucun flux financier au profit du ministre Kassa n’a été relevé ». Pour un cadre de l’administration publique, au fait des procédures de passation de marchés publics, cela ne veut rien dire : « les ministres prennent toujours leur commission en espèces », dit-il. Le rapport Kroll révélait aussi le détournement de cinq autres milliards de francs CFA (environ 7 millions d’euros) dans d’autres ministères.
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Fort de son statut de ministre de l’énergie et de l’eau, il facilite l’accès à l’énergie et à l’eau potable dans sa commune rurale d’origine, Matéri, l’une des plus pauvres du Bénin. Cela concourt à le rendre très populaire sur ses terres. « Avant l’arrivée du ministre Kassa, il n’y avait rien ici. Ses actions ont développé la commune de Matéri. Et quand les étrangers viennent du Burkina, ils constatent un véritable changement », témoigne un habitant de Matéri.
Barthélémy Kassa se forge aussi une image de philanthrope en prenant en charge les frais d’université d’étudiants de sa localité et en les hébergeant gracieusement.
A Matéri, où l’ancien ministre possède plusieurs biens immobiliers (une visite des lieux avec des habitants permet d’en compter cinq), et envisagerait de construire un vaste complexe hôtelier, le taux de scolarité et de réussite scolaire est très bas. « Les étudiants, une fois le bac obtenu, n’ont souvent personne à Cotonou, où se trouvent les meilleurs lieux de formation, et n’ont pas les moyens de les intégrer. Barthélémy Kassa nous aide à financer nos études », confie un étudiant ayant bénéficié de ses largesses.
Mutisme des parlementaires
A l’Assemblée nationale, la forte pression des Pays-Bas a donné lieu à la mise en place d’une commission spéciale pour étudier la demande de la levée d’immunité parlementaire du ministre Kassa. C’était sans compter la grande influence de l’homme qui aurait financé les campagnes électorales de certains de ses collègues députés. « La levée de l’immunité parlementaire requiert les deux tiers des députés. Mais au regard de la configuration politique dans l’hémicycle, ce n’est pas gagné d’avance, estimait avant le vote Wilfried Léandre Houngbédji, journaliste et analyste politique. Il va falloir miser sur la bonne volonté politique du gouvernement et de son chef pour instruire les 33 députés FCBE de voter dans ce sens, et espérer que les élus d’opposition votent favorablement aussi.» C’est raté.
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Des députés du parti au pouvoir et de l’opposition contactés par Le Monde Afrique avant le vote avaient refusé de s’exprimer, à l’instar de Candide Azannaï, pourtant acerbe envers le parti au pouvoir et son mode de gouvernance. « Je ne suis pas disposé à répondre à vos questions. Je vous souhaite du courage pour la suite de votre travail », avait-il lâché avant de raccrocher.
Barthélémy Kassa avait laissé penser que s’il devait couler, il ne coulerait pas seul. Entendu par la commission le 10 août, il aurait refusé d’être le seul à parler, déclarant qu’il n’était pas « celui qui signait les décaissements qui vont au Trésor public. C’était le ministre de l’économie et des finances, Komi Koutché. »
Cette commission parlementaire de dix membres avait émis un avis neutre sur la demande de la levée d’immunité du député estimant, contrairement aux Pays-Bas, qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments de preuve qui engageaient la responsabilité pénale de l’ancien ministre.
Le résultat du vote au Parlement laisse de fait de nombreuses questions ouvertes. Le président Boni Yayi a-t-il encouragé les siens à protéger son « ministre du ciel et de la terre » ? Comment va réagir le premier ministre, le béninois-français Lionel Zinsou, qui prône un comportement irréprochable des élus et des hauts fonctionnaires ? Et surtout, comment vont riposter les Pays-Bas, dont les programmes de développement, toujours interrompus, sont essentiels pour l’accès à l’eau potable au Bénin et pour la protection de Cotonou contre les inondations ? La suite au prochain épisode.
Fauteur de trouble en périodes électorales
Agronome de formation et professeur assistant à l’université, Barthélémy Kassa commence sa carrière politique entre 2003 et 2004, lorsqu’il entre au Parlement en tant que suppléant de Daniel Tawema, l’un de ses mentors et cacique du régime Mathieu Kérékou, appelé au gouvernement.
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Bien qu’il manque de peu sa réélection à l’hémicycle en 2007, il est en 2008, l’un des représentants des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), le parti au pouvoir, au sein de la Commission électorale nationale autonome (CENA), chargée de conduire les élections municipales, communales et locales. Il y affiche une certaine impudence. « La tâche n’a pas été de tout repos avec les représentants de la mouvance présidentielle », se rappelle Pascal Todjinou, président à l’époque de la CENA et représentant reconnu de la société civile. « Nous avons dû reprendre trois fois de suite l’élection du bureau, parce que les membres de la mouvance, en particulier M. Kassa, formaient à chaque fois recours devant la cour suprême. Toujours dans le but de saccager les travaux », se rappelle M. Todjinou. Pis, l’homme serait allé jusqu’à soustraire des documents pour faire invalider des décisions de plénière qui n’étaient pas favorables au parti présidentiel.KASSA a

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